[Éric Dussert, Le Matricule des anges, 2003]
«Ce qui frappe d’abord dans La Grande Pâque, c’est la fébrilité d’un narrateur qui nous tire par la manche. Il a quelque chose à raconter, veut le faire vite. […] Jacques Besse avait quali?é de «déambulation» cette dérive intemporelle et poignante d’un homme seul et sans le sou durant un long week-end. […] Son errance à la recherche d’introuvables amis va durer trois jours et trois nuits de faim, de soif et de sommeil au fil desquels ses mots vont devenir heurtés, fébriles, son parcours incohérent.»

[Brèves, Jean-Loup Martin]
Il se souvient. Il imagine. Il a froid. Il est mal. Il va bien. Son livre est un poème en prose, un rêve autobiographique, un récit dément. Son livre est un kaléïdoscope de phrases brèves, hachées, lyriques, syncopées. Jacques Besse est un homme, un "sous-homme" (page 59). Et puis c'est le dimanche de Pâques. "Et Pâques, pour moi, c'est le jour où je ne trouverai ni à manger ni à boire" (page 61). C'est le jour où ses amis sont enfermés chez eux en famille et ne le voient pas. Jacques Besse est invisible, oublié, perdu. Il est lui-même, musicien, poète, penseur, militant, rejeté et apprécié.