[Yves Dutier, encres-vagabondes.com, 11/10/2018]
« Loin des mondanités littéraires, l'homme Jean-Pierre Rochat — et son œuvre — pourrait nous évoquer une certaine parenté avec l'œuvre de Jim Harrison : goût pour les grands espaces, thèmes qui sondent les paradoxes de l'existence, fantasmes et libido des personnages... Sauf que Jean-Pierre Rochat est un authentique paysan, un éleveur dans le Jura bernois qui sait traire les chèvres, qui sait faucher les prairies et utiliser le râteau-fane, qui sait atteler les chevaux et... qui sait écrire !
La clé des champs – Chroniques jurassiennes – est un recueil d'une trentaine de courtes chroniques écrites dans un style brut, épuré, presque "taiseux". Une écriture 'taiseuse' peut sembler paradoxale pour un écrivain, mais l'auteur réussit la prouesse en une ou deux pages de nous montrer par exemple la détresse d'un paysan (Mise aux enchères publiques) […] Ou bien encore le désarroi d'une personne atteinte de démence (Une vieille dame). […] Sans fioritures, sans épanchements, chacune des chroniques nous restitue l'univers singulier de l'auteur sur des thèmes bien différents (ses amitiés, ses rencontres parfois cocasses, ses fantasmes, son écriture...) La clé des champs a certes un parfum de terre, mais bien plus que cela, chacun des mots de Jean-Pierre Rochat recèle une profonde humanité. »